Comment lutter efficacement contre le stationnement illicite au sein de ma copropriété ?

Modifié le  Sam, 28 Févr. à 8:05 H

Le stationnement au sein d'une copropriété relève de règles spécifiques, distinctes de celles du Code de la route. L'article L. 325-12 du Code de la route précise d'ailleurs que des véhicules laissés "sans droit" dans des lieux privés non soumis à son application peuvent être enlevés et même détruits. Cela s'applique à deux cas principaux : les véhicules occupant une place sans autorisation légitime et les véhicules considérés comme des épaves abandonnées.

1. Constater et Justifier l'Irrégularité du Stationnement
Pour qu'un syndic puisse agir contre un stationnement abusif, il doit s'appuyer sur des preuves solides que la situation contrevient aux règles internes de la copropriété. Cela implique de consulter :

- Les titres de propriété : Vérifier l'attribution des places de parking.
- Le règlement de copropriété : Examiner les éventuelles clauses restrictives concernant le stationnement.
- Les procès-verbaux d'Assemblées Générales : Contrôler si des décisions limitant le stationnement ont été votées à la majorité de l'article 26.



2. Premières Démarches : La Mise en Demeure par Courrier
Si l'identité et l'adresse du propriétaire du véhicule en infraction sont connues, la première action consiste à lui adresser une mise en demeure.

Destinataire : Que le véhicule appartienne à un copropriétaire ou à un locataire, la lettre doit être envoyée directement au propriétaire du véhicule, celui-ci étant tenu de respecter le règlement de copropriété.

Contenu et Délai : Ce courrier doit exiger le déplacement du véhicule sous 8 jours à compter de sa réception, conformément à l'article R. 325-48 du Code de la route. Il doit également préciser que, passé ce délai, le véhicule risque la mise en fourrière.

Assistance : N'hésitez pas à solliciter l'équipe support d'ELEOS pour un modèle de cette lettre. Conservez impérativement une copie du document envoyé.

Si les coordonnées du propriétaire sont inconnues, passez directement à l'étape suivante.



3. Intervention des Forces de l'Ordre : Saisir le Commissariat
La sollicitation du Commissariat devient nécessaire dans deux situations :

- La mise en demeure précédente est restée sans réponse après plus de 8 jours.
- L'identité du propriétaire du véhicule est inconnue.

Si le propriétaire est identifié :
Joignez à votre lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au Commissariat :

- La copie de la mise en demeure restée sans effet.
- L'identité du propriétaire du véhicule.
- (Facultatif) : Des photos du véhicule.
- (Facultatif) : Le PV d'AG désignant le syndic (référence : article R. 325-48 du Code de la route).
Le Commissariat procédera à la vérification de l'identité du propriétaire avant d'ordonner la fourrière.

Si le propriétaire est inconnu :
Votre LRAR au Commissariat doit inclure :

- Une demande d'identification du véhicule et de son propriétaire.
- Des détails précis sur le véhicule : immatriculation, marque, type, couleur et lieu exact de stationnement.
- (Facultatif) : Des photos.
- (Facultatif) : Le PV d'AG désignant le syndic (référence : article R. 325-49 du Code de la route).
Le Commissaire en charge du dossier identifiera le propriétaire et, après avoir vérifié que le véhicule n'est pas volé, prescrira la mise en fourrière.



4. Mesures Préventives : Signalisation et Dispositifs Anti-stationnement
Pour limiter les récidives, la copropriété peut mettre en place des mesures préventives :

Panneaux de signalisation :

- Pour une voirie privée (non rétrocédée) : Une décision d'AG est nécessaire pour autoriser l'installation de panneaux.
- Pour une voirie publique (rétrocédée à la commune) : La demande de pose de panneaux et la gestion des infractions relèvent des pouvoirs publics (Mairie).
- Dispositifs "stop-parks" : Ces équipements sont efficaces pour sécuriser une place. Leur installation dépend du statut de l'emplacement :
- Place de parking privative (mentionnée sur votre acte de vente) : L'installation est libre et ne requiert pas d'autorisation d'AG.
- Place à jouissance exclusive (mais partie commune) : Si le dispositif peut être installé et retiré sans altérer le gros œuvre de l'immeuble, aucune autorisation d'AG n'est nécessaire (jurisprudence de la Cour de cassation, 19 novembre 1997, n°95-20079).
- Place de parking partie commune (non à jouissance exclusive) : L'installation d'un "stop-park" est interdite, et ne peut pas être votée en AG.uyrf

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